6 vérités dont nous devrions nous rappeler quand on prend la cène

Cène
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Il y a quelques années, je partageais 7 sentiments qui devraient nous animer lorsque nous partageons la cène. Aujourd’hui, j’aimerais souligner 6 réalités que recouvre la cène.

1. La cène est une nourriture pour notre foi

La cène est un repas: nous mangeons le pain et buvons la coupe. Dans ce repas, les éléments sont symboles d’une réalité qui les dépasse: le pain est le symbole du corps du Christ brisé pour nous et de son sang versé pour nous (Mc 14.22-24).

Dans l’Évangile de Jean, Jésus lève le voile sur la réalité spirituelle de cette affirmation: c’est parce que Jésus offre son corps pour la vie du monde (Jn 6.51). Jésus offre la vie éternelle à tous ceux qui croient en lui (Jn 6.40), autrement dit à ceux qui mangeront son corps et boiront son sang (Jn 6.54). Il est lui-même le pain de vie, qui donne la vie éternelle (Jn 5.58).

La cène ne donne pas la vie, les éléments ne transmettent aucune grâce en eux-mêmes. C’est lorsqu’ils sont reçus par la foi, par l’œuvre du Saint-Esprit que Dieu nous communique sa grâce et nous fait grandir en Christ.

En prenant le repas du Seigneur, le pain et le vin nous rappellent que Christ a donné sa vie pour nous. Il demeure en tous ceux qui se confient en lui et qui le manifestent en participant à la cène. Prendre la cène, c’est affirmer que nous nous confions dans le Christ, qui a la vie en lui-même et qui la communique à ceux qui sont en lui (Jn 15.4). Le repas du Seigneur nous rappelle que nous demeurons en Christ et qu’il demeure en nous par son Esprit.

En prenant la cène, c’est la vie de Christ que nous recevons par la foi. Prendre la cène, c’est se nourrir du pain céleste, Christ. Par la cène, Jésus nourrit spirituellement son corps spirituel, l’Église.

2. La cène est le repas de la nouvelle alliance

Le repas de la Pâque (Ex 12.3-11) devait servir de signe pour les générations après l’Exode. Par ce repas, pour lequel un agneau était immolé, le peuple se souviendrait, de génération en génération, que Dieu avait fait retomber son jugement sur un agneau pour que les premiers-nés du peuple vivent (Ex 12.27).

Après la sortie d’Égypte, Dieu conclut une alliance avec le peuple au Sinaï, sur la base de ses paroles (Ex 24.3-8). Après cela, Moïse et les anciens d’Israël partagent un repas en présence de l’Éternel (Ex 24.9-11), à la base de son marchepied. La proximité des anciens préfigure la proximité dont pourra jouir le grand prêtre une fois par an, lorsqu’il entrera dans le lieu très saint pour représenter le peuple auprès de l’arche de l’alliance, le trône de Dieu sur terre (Ex 25.22; cf. Hé 4,16).

Avant de mourir, Jésus partage le repas de la Pâque avec ses disciples. Il institue un nouveau repas, signe d’une alliance nouvelle scellée en son sang (Lc 22.20).

Dieu promet qu’un jour, tous les peuples pourront participer à un festin organisé sur une montagne (lieu de la présence de Dieu), pour célébrer le salut de Dieu (Es 25,6). L’Apocalypse en parle comme des noces de l’Agneau (Ap 19.7-10), le repas célébrant l’union de Christ et de son Église, dans le royaume de Dieu (Mc 14.25).

Dans tous ces repas, Dieu est notre hôte: c’est lui qui nous invite à partager un repas en sa présence, nous venons à la table du Seigneur (Lc 22.27; 1Co 10.21), et c’est lui-même qui pourvoit à ce repas. La cène, comme les autres repas de l’alliance, nous rappelle que seule la grâce de Dieu peut nous faire tenir dans sa sainte présence et qu’il pourvoit lui-même aux conditions pour que nous puissions nous approcher de lui. Ces repas manifestent la joie et l’abondance qui se trouvent dans la présence de Dieu, but suprême de notre vie.

3. La cène manifeste notre communion au Christ

Notre salut découle de notre union à Christ (Ép 1.3-14). La cène manifeste cet acte unilatéral de Dieu, qui nous fait bénéficier de toutes les bénédictions que Christ nous a acquises. La cène manifeste la grâce de Dieu: nous sommes passifs.

La cène manifeste également notre communion avec Christ: c’est notre réponse à l’amour de Dieu manifesté en Christ. En prenant le pain et le vin, nous sommes en communion avec Christ et nous manifestons que dans cette relation avec lui, nous prenons part aux bénéfices procurés par son sacrifice (1Co 10.15-16). En prenant la cène, nous reconnaissons son corps brisé et son sang versé pour nous.

Par la cène, nous reconnaissons que son sacrifice nous a ouvert la voie et que nous pouvons nous approcher sans crainte de Dieu (Hé 10.19-22).

4. La cène manifeste notre communion avec son Église

Tous ceux qui prennent la cène manifestent également qu’ils sont en communion les uns avec les autres. En communion avec Christ, ils forment un seul corps (1Co 10.17).

La cène manifeste la diversité (“nous qui sommes plusieurs”) et l’unité (“nous formons un seul corps”) de l’Église locale. Mépriser cette unité, c’est mépriser Christ et s’exposer à son jugement (1Co 11.29). La cène manifeste la solidarité qui anime les membres de l’Église, qui ont été baptisés dans un seul Esprit (1Co 12.12-13). En prenant la cène ensemble, nous manifestons que nous sommes membres les uns des autres.

Lors de la cène, l’Église est vraiment l’Église: la communion de tous ceux qui sont sauvés par Christ pour former un seul corps.

5. La cène est une commémoration de la mort de Christ

Dieu a souvent instauré des mémoriaux, en souvenir d’évènements importants de la vie de son peuple et en souvenir de sa miséricorde (Jos 4.6-7; 1 S 7.12). Avec l’institution de la Pâque, le mémorial devient repas (Ex 12.14). L’idée est la même: se souvenir de l’intervention de Dieu en faveur de son peuple (Ex 12.26-27).

Par la cène, Jésus institue un nouveau repas-mémorial. Mais ce mémorial n’est pas un simple souvenir, il s’inscrit dans la nouvelle alliance que Dieu conclut avec ceux qui sont au bénéfice du sang de Christ. Comme l’arc dans la nuée (Gn 9.12-16), la cène est un signe de l’alliance conclue par Dieu en Christ (Lc 22.20: “Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang qui est versé pour vous.”).

En célébrant la cène, nous proclamons la fidélité de Dieu, qui est toujours fidèle à ses alliances. En prenant le pain et le vin, nous disons et faisons l’expérience de l’assurance que nous avons en Dieu, qui achèvera son œuvre en nous (Ph 1.6).

Par là même, nous nous rappelons également nos propres engagements concernant l’alliance: à nouveau, nous nous engageons à rester fidèles à la foi que nous avons confessée lors de notre baptême.

Participer à la cène, c’est inscrire le passé dans le présent; c’est s’inscrire dans l’histoire de tous ceux qui participent à cette alliance nouvelle en Christ, et c’est se rappeler, à chaque fois que nous prenons le pain et le vin, que nous sommes au bénéfice de cette alliance.

6. La cène est une proclamation de la mort et du retour de Christ

Paul dit: “Toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne.” (1Co 11.26).

Participer au repas du Seigneur, c’est proclamer que:

  1. Jésus est mort pour le pardon des péchés (Mt 26.28). Il est l’Agneau de Dieu, mort à notre place, châtié par Dieu à cause de nos fautes (És 53.2-12). Son sacrifice est parfait, complet et définitif (Hé 9,12). Par la croix, nous avons été rendus saints (Hé 10,10), rendus capables d’être en relation avec Dieu (Hé 10.19-22).
  2. Jésus est vivant et il va revenir (1Co 11.26). En prenant la cène, nous n’oublions pas que Jésus est sorti du tombeau parce que la mort ne pouvait le retenir, lui l’innocent (Ac 2.23-24). La cène nous rappelle que le jugement que nous méritons est retombé sur Jésus, mais aussi qu’à son retour, ce jugement va s’abattre sur tous ceux qui ne se seront pas confiés en lui (2Th 1.6-10; Hé 9.27-28).

La cène est donc une invitation, pour tous ceux qui ne l’ont pas encore fait, à répondre à l’appel de Dieu par la foi en Christ.

Matthieu Giralt

Matthieu Giralt est le directeur de ToutPourSaGloire.com. Il est pasteur dans l’Est de la France. Il est titulaire d’un DNSEP de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux, et d’un Master de recherche de la Faculté Jean Calvin. Il est le mari d’Alexandra, ils ont deux fils.

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