Les frères et sœurs veillent sur nous

Doctrine de l’ÉgliseSouffranceVie d’Église

Lorsque les difficultés de la vie surviennent et que l'inquiétude nous submerge, il est bon de se rappeler que Jésus, après nous avoir rachetés, nous a intégrés à son Corps qui est l’Église. Nous sommes appelés, en tant que famille spirituelle, à nous soutenir mutuellement en mettant nos dons au service de l’Église pour l’édification commune. La communion fraternelle est une grâce et elle nous permet de grandir ensemble en sainteté. C’est ce que nous rappelle John MacArthur dans son livre, Non à l'inquiétude. Nldr.

L’une des meilleures façons d’être aidé dans notre lutte contre l’inquiétude est de nous mettre au service des autres chrétiens avec le même zèle que les anges déploient envers nous. Fait remarquable, c’est parfaitement possible, car Dieu, qui permet aux anges de nous servir, nous permet aussi de nous servir les uns les autres. Paul déclare: Il y a diversité de dons, mais le même Esprit; diversité de services, mais le même Seigneur; diversité d’opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous (1Co 12.4-6).

L’utilisation de nos dons

Certains dons furent temporaires, d’autres sont permanents. Les dons des miracles, des guérisons et des langues furent temporaires1. Les dons permanents comportent les suivants:

  • La prophétie (Rm 12.6; 1Co 14.3): la capacité de prêcher ou de proclamer la vérité de Dieu aux autres pour les édifier, les exhorter et les consoler.
  • L’enseignement (Rm 12.7): la capacité d’enseigner les vérités de la Parole de Dieu.
  • La foi (1Co 12.9): la capacité d’avoir en toutes circonstances une confiance inébranlable en Dieu. Le croyant ayant tendance à s’inquiéter ferait bien de fréquenter un chrétien ayant reçu ce don et de suivre son exemple.
  • La sagesse (1Co 12.8): la capacité d’appliquer des vérités spirituelles à la vie. Le chrétien ayant reçu ce don constitue un excellent modèle pour les inquiets.
  • La connaissance (1Co 12.8): la capacité de comprendre les faits. Il s’agit de l’aspect intellectuel de la compréhension de la vérité biblique.
  • Le discernement (1Co 12.10): la capacité de discerner entre la vérité et l’erreur et de différencier entre ce qui vient de Dieu et ce qui n’est qu’une séduction satanique.
  • La miséricorde (Rm 12.8): la capacité de manifester l’amour de Jésus-Christ par des actes empreints de gentillesse.
  • L’exhortation (Rm 12.8): la capacité d’encourager, de conseiller et de consoler les autres au moyen de la vérité biblique et de l’amour chrétien. Le croyant en proie à l’inquiétude devrait écouter humblement et attentivement les paroles de ceux ayant ce don.
  • La libéralité (Rm 12.8): la capacité de pourvoir à l’œuvre de Dieu et d’aider financièrement des chrétiens dans le besoin. Ce don implique le fait d’avoir remis tous ses biens terrestres au Seigneur.
  • L’administration (Rm 12.8; 1Co 12.28): la capacité de diriger, d’organiser et de conduire des entreprises spirituelles.
  • Le diaconat (Rm 12.7; 1Co 12.28): la capacité de participer de façon pratique à l’œuvre de Dieu en servant fidèlement dans les coulisses.

Tous les dons spirituels sont destinés à édifier l’Église (1Co 14.26) et non à profiter à ceux qui les reçoivent. Nous devons nous édifier les uns les autres jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite du Christ (Ép 4.13).

La communion fraternelle consiste à prendre mutuellement soin les uns des autres au moyen de nos dons spirituels. Voici comment peuvent se manifester ces échanges:

  • Confesser nos fautes les uns aux autres (Jc 5.16).
  • Nous édifier les uns les autres (1Th 5.11; Rm 14.19).
  • Porter les fardeaux les uns des autres (Ga 6.2).
  • Prier les uns pour les autres (Jc 5.16).
  • Être bons les uns envers les autres (Ép 4.32).
  • Nous soumettre les uns aux autres (Ép 5.21).
  • Exercer l’hospitalité les uns envers les autres (1P 4.9).
  • Nous servir les uns les autres (Ga 5.13; 1P 4.10).
  • Nous consoler et nous encourager les uns les autres (1Th 4.18; 5.11).
  • Nous reprendre les uns les autres (Ga 6.1).
  • Nous pardonner les uns aux autres (2Co 2.7; Ép 4.32; Col 3.16).
  • Nous instruire les uns les autres (Col 3.16).
  • Nous exhorter les uns les autres (Hé 3.13; 10.25).
  • Nous aimer les uns les autres (Rm 13.8; 1Th 3.12; 4.9; 1P 1.22; 1Jn 3.11, 23; 4.7-11).

L’amour est la clé de tout ministère efficace. Là où se trouve l’amour, se trouve aussi la véritable humilité, élément essentiel à la fois de l’aide réciproque et de la victoire sur l’inquiétude. En effet, l’orgueil et l’inquiétude sont égocentriques, tandis que l’humilité se préoccupe d’autrui.

Si l’orgueil entrave notre ministère, cherchons à connaître le Seigneur de façon plus intime par la prière et par l’étude de la Bible. Plus nous connaissons sa puissance et sa gloire, plus nous devenons humbles. Alors, nous nous donnons plus facilement pour les autres comme Jésus-Christ s’est donné pour nous.

Communiquons notre amour

Tout comme le corps humain comporte des ligaments, des os, des muscles, des organes et des tissus reliés entre eux, de même le Corps de Christ comporte des membres responsables les uns des autres. De même qu’un poumon par terre dans une pièce ne saurait faire respirer une personne dans une autre pièce, de même aucun membre du Corps de Christ n’est indépendant des autres membres. À la fois la santé du Corps et l’efficacité de son témoignage dépendent du soutien réciproque de ses membres.

Dieu ne veut pas que l’Église soit seulement un lieu où des personnes en proie à la solitude puissent entrer, écouter, puis repartir toujours aussi seules, mais un endroit marqué par la communion fraternelle. Dans l’un de ses livres, Bruce Larson écrit:

Le bar du quartier est probablement la meilleure contrefaçon de la communion fraternelle que Jésus-Christ désire donner à son Église. C’est une imitation qui dispense de l’alcool au lieu de la grâce et offre un mirage au lieu de la réalité. Toutefois, c’est un endroit sans hiérarchie où les gens s’acceptent réciproquement tels qu’ils sont et sans porter de jugement. Par conséquent, les clients confient facilement des secrets entre eux, sachant que les autres ne seront même pas tentés de les répéter. Le bar du quartier est bondé, non parce que la plupart des gens sont des alcooliques, mais parce que Dieu a mis dans le cœur de tout être humain le désir de connaître et d’être connu, d’aimer et d’être aimé. Par conséquent, un grand nombre se procure au prix de quelques bières cette contrefaçon de la communion fraternelle2.

Ce besoin de communion n’est pas satisfait par la simple assistance au culte dominical, que ce soit dans une petite communauté où tous se connaissent ou dans une grande Église où c’est loin d’être le cas. Un besoin intense de communion intime et personnelle existe dans l’Église aujourd’hui. Tout comme le service réciproque au moyen de nos dons, la communion fraternelle constitue un aspect essentiel de l’unité de l’Église locale. Appartenir à une Église dans laquelle règne une réelle communion fraternelle joue un grand rôle dans notre combat contre l’inquiétude.

Là où se trouve la véritable communion fraternelle, les chrétiens ne se jugent pas les uns les autres; ils ne se mordent ni ne se dévorent les uns les autres; ils ne se provoquent ni ne s’envient mutuellement; ils ne se mentent pas les uns aux autres ni ne parlent mal les uns des autres ni ne se plaignent les uns des autres. Puisque la véritable communion édifie, les enfants de Dieu s’accueillent mutuellement et manifestent de la bonté et de l’amour les uns envers les autres. Ils se supportent et se pardonnent les uns aux autres, se rendent mutuellement service, pratiquent l’hospitalité sans murmurer, s’encouragent, s’instruisent, se soumettent les uns aux autres et se réconfortent les uns les autres. Voilà en quoi consiste la véritable communion du Corps de Christ, un partage de bénédictions entre chrétiens conduisant à la croissance spirituelle de chacun.

Trop souvent, les chrétiens s’isolent comme dans une bulle, en essayant de paraître comme des chrétiens super-spirituels n’ayant pas le moindre problème, pas le moindre souci. Ils sont réticents à s’ouvrir aux autres et à avouer leurs péchés auprès d’un autre chrétien. Par conséquent, ils n’entendent jamais un autre croyant leur avouer: Moi, je connais le même problème. Aussi prions désormais l’un pour l’autre.

Un jour, un frère en Christ m’a avoué un péché, puis il a promis de me l’avouer chaque fois qu’il le commettrait. Plus tard, il a reconnu que cette promesse l’avait empêché de retomber dans ce péché, car il ne voulait pas éprouver de la honte en me l’avouant de nouveau. Dietrich Bonhoeffer écrivit avec force au sujet du privilège de la confession réciproque des péchés:

Le péché isole une personne de la communauté. Ensuite, plus elle s’isole, plus elle s’enfonce dans le péché, et plus le péché la domine. Le péché fuit la lumière car il cherche à se dissimuler. En demeurant dans l’obscurité, le péché empoisonne tout l’être. Cela peut arriver même au sein d’une communauté comprenant des personnes très engagées. Cependant, lorsque les péchés sont confessés, la lumière de l’Évangile pénètre les ténèbres et la solitude du cœur. Le péché doit être exposé à la lumière. L’inexprimable doit éclater en plein jour et être reconnu. Tout ce qui est secret et caché doit être manifesté. Avouer ouvertement le péché exige certes une lutte impitoyable, mais Dieu brise les portes de bronze et rompt les verrous de fer3 (Psaumes 107.16).

Confesser nos péchés les uns aux autres conduit à une communion transparente entre des croyants qui se connaissent et s’aiment les uns les autres tels qu’ils sont, car ils comprennent les besoins des autres, leurs inquiétudes et leurs tentations. Quelle force ne réside-t-elle pas dans une telle communauté!

Voici un principe clé que toute communauté chrétienne devrait mettre en pratique: Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que toi aussi, tu ne sois tenté (Ga 6.1). Disons à l’autre: Laisse-moi te montrer par la Parole de Dieu ce qui ne va pas. Prions ensemble, puis marchons ensemble dans la bonne voie. Voici ce que signifie restaurer un frère. Nous ne remplissons pas notre responsabilité chrétienne en nous contentant de le reprendre. Nous devons l’entourer et le restaurer… avec amour!

Ce verset est peut-être l’exemple le plus clair de toute l’Écriture concernant la responsabilité des chrétiens de veiller les uns sur les autres. Dans notre combat contre l’inquiétude, soyons encouragés de savoir que les anges veillent sur nous. Mais efforçons-nous aussi de faire la connaissance de chrétiens mûrs auprès desquels nous pouvons partager nos problèmes afin de nous aider réciproquement. Rechercher une telle communion fraternelle relève de notre responsabilité. N’oublions jamais à quel point d’autres croyants peuvent nous aider à porter le fardeau de notre inquiétude!


1. Je les décris en détail dans mon livre Charismatic Chaos, Grand Rapids, Zondervan, 1992.
2. Bruce Larson, Grand Rapids, Zondervan, 1965, p.110.
3. Life Together, New York, Harper & Row, 1954, p.112.


La semaine prochaine, nous vous proposerons de découvrir la troisième et dernière partie de ce chapitre, intitulée "Occupons-nous des gens à problèmes".

John MacArthur

Cinq générations de pasteurs se sont succédé dans la famille de John MacArthur, auteur et conférencier populaire. Pasteur-enseignant en Californie depuis 1969, il exerce ce ministère au travers de nombreux livres dont J'ai trouvé la volonté de Dieu, Théologie systématique, La divinité de Christ, d’émissions de radio ou de supports multimédias, distribués en masse dans plusieurs pays. John et sa femme, Patricia, ont quatre enfants et quatorze petits-enfants.

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Orateurs

G. Bignon